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Elections législatives : votez anticapitaliste !

samedi 2 juin 2012


Dans nos quartiers, la politique de Sarkozy, cela a aussi été le renforcement du harcèlement policier, et en particulier la chasse aux sans-papiers et les contrôles au faciès. Sarkozy est parti, il n’est pas sûr que les abus diminueront, car le Parti Socialiste n’a jamais voulu s’y opposer fermement. Il veut au contraire rivaliser avec la droite et l’extrême-droite et renforcer une répression qui n’a jamais rien fait pour amener le calme dans nos rues, et y sème au contraire le désordre, l’arbitraire, le racisme. Le NPA prend clairement position contre l’arbitraire policier, et soutient toutes les actions – telles que l’initiative nationale « stop le contrôle au faciès » – qui visent à le faire reculer.

Sarkozy a aussi mené une politique désastreuse pour l’école : suppression de postes d’enseignants, arrêt de la formation des professeurs de primaire, suppression des RASED. Nos quartiers ont payé le prix fort, même si la mobilisation d’enseignants et de parents a permis de remporter certaines victoires. Ils montrent la voie ! C’est en s’organisant entre habitants, travailleurs, usagers des services publics que nous pourrons les défendre contre l’austérité et contre la marchandisation.

Nous souhaitons que les élections confirment le rejet du sarkozysme et le tournant vers la gauche. Mais les élections ne suffiront pas ! En Tunisie, en Egypte, en Espagne, aux Etats-Unis ou en Grèce, les peuples se sont levés, ont occupé les places pour s’opposer à l’accaparement du pouvoir et des richesses par une petite minorité. Nous pensons aussi que c’est en s’organisant à la base pour exercer une démocratie réelle en défense des droits sociaux, des services publics, d’une plus juste répartition des richesses que l’on pourra changer les choses. Dans les mois qui viennent, il faudra aussi s’organiser dans nos quartiers, et les militants du NPA répondront présents !

Déclaration de Philippe Poutou, candidat du NPA à l’élection présidentielle

mercredi 9 mai 2012


Nicolas Sarkozy, le « président des riches » est bel et bien battu et nous nous en réjouissons. Son bilan, c’est une lutte des classes menée au service de ses amis du Fouquet’s.

Ces derniers jours, sa drague honteuse de l’électorat du Front National (retour de l’identité nationale, défense des frontières pour protéger la civilisation européenne, stigmatisation des immigrés, condamnation du prétendu assistanat des chômeurs, et même un contre-rassemblement anti-syndical le 1er mai)montre bien la perméabilité de la droite à son programme. Au terme d’une campagne qui a donc pris un tour de plus en plus réactionnaire, celui qui se voulait le « candidat du peuple » a été dégagé et c’est tant mieux.

Hollande est donc élu président, alors qu’il n’a pas un seul instant montré sa volonté de se situer sur le terrain du monde du travail, celui de la justice sociale pour une autre répartition des richesses, pour de nouveaux droits sociaux. Son programme n’est pas la rupture, pourtant nécessaire, avec l’orientation de son prédécesseur. Il ne s’est même pas engagé à défaire les contre-réformes de Sarkozy, à commencer par les retraites. Au contraire, s’inscrivant pleinement dans la politique des socialistes européens et de l’Union Européenne, gestionnaires loyaux de la crise, l’élection de Hollande annonce une politique d’austérité pour les catégories populaires, au nom de la rigueur et de l’équilibre budgétaire. Il est d’ailleurs tellement apparu comme garant du système qu’un homme de droite tel que Bayrou ne s’y est pas trompé en votant pour lui.

Il faut donc nous préparer à mener de nouvelles batailles, à fédérer les résistances contre des mesures et des politiques qui ne seront rien d’autre qu’une austérité de gauche.

C’est l’ambition du NPA : nous voulons construire de larges cadres unitaires pour faire converger les luttes contre l’austérité.

Comme nous l’avons fait ces dernières semaines, le NPA lance un appel. Nous nous adressons à celles et ceux qui se sont reconnuEs dans notre campagne, aux organisations et à celles et ceux qui se sont retrouvéEs dans les campagnes du Front de Gauche ou de Lutte ouvrière, aux militantEs syndicalistes et à l’ensemble du mouvement social. Dans la suite de la grande mobilisation du 1er mai, réunissons-nous et préparons ensemble dès à présent la riposte dont nous avons besoin. C’est cela qu’attendent les millions de personnes qui se sont mobilisées ces dernières années et qui ont porté au premier tour leurs suffrages sur les candidatures à la gauche du PS, et même plus largement celles et ceux qui se revendiquent de la gauche..

Dans cette situation l’objectif du NPA est de construire une véritable opposition à toutes les politiques d’austérité de droite comme de gauche. Dans cette opposition, nous voulons aussi pour notre part, trouver les voies pour avancer dans le regroupement des anticapitalistes. C’est aussi pour défendre cette perspective que le NPA présentera des candidats, des candidates aux élections législatives.

Plus que jamais, il est nécessaire de faire vivre un projet anticapitaliste.

Le 6 mai 2012 à 20h.

Virons Sarkozy ! Construisons la mobilisation contre l’austérité de gauche !

vendredi 4 mai 2012


L’entre-deux-tours des deux candidats se situe dans la continuité de leur campagne. Si le ton se durcit, le fond change peu et surtout chacun fait son numéro de drague pour récupérer le maximum d’électeurs pour le 6 mai. La palme du dégoût revenant sans hésitation à un Sarkozy assumant sans vergogne sa tentative de débauchage des électeurs du Front national. Une raison de plus de le mettre à la porte ce dimanche.

Avec 27 % des voix seulement, le président des riches a pris une première bonne claque le 22 avril. Mais il ne baisse pas les bras et semble prêt à tout pour conserver le pouvoir. Rattrapé par les affaires, Sarkozy aux abois se tourne sans vergogne vers l’extrême droite.

Le président de la droite extrême doit être giclé  !

Celui qui dit comprendre le message des électeurs de Le Pen «  tire la même leçon qu’eux  ». Le grand retour de l’identité nationale, les frontières qui protègent, la défense des «  sans-grade  » (les mêmes mots que ceux utilisés par Le Pen dans l’entre-deux-tours de 2002...), rien ne manque de la panoplie réactionnaire dans le discours de Sarkozy et de ses lieutenants depuis quelques jours. Jusqu’à la stigmatisation des privés d’emploi en s’autoproclamant pourfendeur de l’assistanat et porte-parole de ces «  travailleurs qui ne veulent pas que ceux qui ne travaillent pas gagnent plus qu’eux  ». Jusqu’à l’appel à un contre-rassemblement le 1er Mai, jour de mobilisation internationale du monde du travail. Il ne lui reste plus qu’à aller célébrer ce jour-là la figure de la «  France éternelle  », Jeanne d’Arc, et le président sera mûr pour prendre sa carte au Front national. Cette fuite en avant ne s’explique pas seulement par l’habituelle chasse aux voix politicienne, mais montre aussi de façon de plus en plus claire la porosité des frontières entre les idées de la droite et de l’extrême droite, les unes nourrissant les autres. Aussi, dimanche, sans hésitation, il faudra dégager Sarkozy dont le programme reste plus que jamais une menace.

S’opposer à la gauche des institutions

On ne peut pas dire que Hollande ait montré dans sa campagne une volonté de se situer sur le terrain de la gauche. Même avec une pression sondagière importante de Mélenchon, il ne s’est autorisé qu’une maigre sortie sur l’imposition des plus riches, s’en excusant presque. Et depuis quelques jours, rien de neuf sous le soleil. S’il s’oppose par le ton à une droite de plus en plus outrancière, son regard reste surtout tourné vers Bayrou, à qui il s’est empressé de répondre pour montrer les convergences existantes avec le programme du Modem. Équilibre budgétaire, «  effort maîtrisé  », importance du Made in France... Autant de gages donnés à un candidat de droite bien étranger au monde du travail et aux milieux populaires. Et comme si cela ne suffisait pas, Hollande reçoit maintenant le soutien indirect de Mario Draghi himself, président de la toute puissante Banque centrale européenne. Celui-ci propose un «  pacte de croissance  » pour compléter le «  pacte de discipline budgétaire  » signé il y a quelques mois. Une façon de mieux faire passer la pilule de l’austérité européenne à laquelle Hollande fait mine de s’opposer. Nous ne devons donc faire aucune confiance au candidat de rechange pour améliorer le sort des opprimés.

Riposte unitaire, rassemblement des anticapitalistes

Comme nous l’avons fait ces dernières semaines, le NPA lance un appel. Nous nous adressons à celles et ceux qui se sont reconnuEs dans notre campagne, aux organisations et à celles et ceux qui se sont retrouvéEs dans les campagnes du Front de Gauche ou de Lutte ouvrière, aux militantEs syndicalistes et du mouvement social. Dans le sillage du 1er Mai, préparons dès à présent la riposte dont nous avons besoin pour défendre nos intérêts. C’est aussi cela qu’attendent les millions de personnes qui ont porté leurs suffrages sur les candidatures à la gauche du PS, et nous savons bien que pour cela le NPA seul n’y suffira pas. Dans cette opposition aux politiques d’austérité de droite aujourd’hui et peut-être de gauche demain, il faut aussi trouver les voies pour avancer dans le regroupement des anticapitalistes, aujourd’hui éparpillés dans différentes forces politiques et dans le mouvement social. Le NPA reste un outil irremplaçable pour agir en ce sens. Ensemble, ces prochaines semaines, faisons vivre une force anticapitaliste indépendante  !

Philippe Poutou

Fiers d’être internationalistes !

vendredi 4 mai 2012


Après la sécurité et l’immigration, Sarkozy a centré son discours sur les «  frontières  » lors du meeting de Toulouse, le 29 avril dernier. «  En 1995, le grand sujet, ça a été la fracture sociale. En 2007, c’était le travail. En 2012, c’est la question des frontières. Mon projet, c’est de remettre les frontières au cœur de la politique  », a-t-il insisté, célébrant la «  fierté d’être français  » et l’«  esprit national  », opposés au «  nationalisme, au libre-échange  ».

Thèmes repris le lendemain à Avignon, où il s’est livré à une charge contre l’Europe, devenue pour lui «  l’Europe passoire, ouverte à tous vents, où n’importe qui peut faire n’importe quoi  » et prévenant que si cela continuait il rétablirait «  les contrôles aux frontières de la France  » et revendiquant haut et fort le fait d’être «  fier d’être français  ».

À quelques jours du second tour, Sarkozy totalement décomplexé fait des appels de plus en plus clairs à l’électorat du Front national, en reprenant, dans ses derniers meetings des thèmes entiers défendus par Marine Le Pen comme «  l’Europe des nations  » et même son programme «  culturel  » lorsqu’il revendique le «  droit de citer Charles Péguy ou Victor Hugo  », la «  défense du français  » et de «  notre patrimoine culturel  ».

Face à cette surenchère de thématiques frontistes, le candidat du Parti socialiste, François Hollande, semble mal à l’aise et sa seule réponse au nationalisme ou au souverainisme est un patriotisme revendiqué. Ce qui est loin d’être une réponse à la politique de boucs émissaires, raciste et de division, que prônent Sarkozy et Le Pen.

Pour nous anticapitalistes, la nation et les frontières ne sont que les moyens de tromper les peuples au service des puissants et des exploiteurs. Et trop souvent, c’est sur les champs de bataille que ceux d’en bas ont payé le prix fort de ces idéologies nationalistes. Solidarité internationale entre les travailleurs et les peuples du monde entier  !

Sandra Demarcq

Contre l’austérité et la Troïka, toutes et tous à Francfort du 17 au 19 mai  !

mercredi 2 mai 2012


La crise et l’austérité touchent tous les peuples d’Europe. Pour protester contre la spéculation et les diktats de la Troïka, une mobilisation est organisée en Allemagne devant la BCE.

Le 19 mai, quelques jours après le premier anniversaire du mouvement des IndignéEs de l’État espagnol, la Conférence européenne contre l’austérité appelle à manifester dans les rues de Francfort. Ce sera l’aboutissement de trois jours d’actions dans le quartier des banques. L’objectif est de réunir un maximum de monde devant le siège de la Banque centrale européenne (BCE), contre l’austérité, les coupes budgétaires, les privatisations, les baisses des salaires, les suppressions d’aides sociales, etc. Il est possible, par les pressions populaires, de faire reculer le pacte budgétaire et les conséquence antisociales et antidémocratiques qu’il porte. Mais au-delà, ce rassemblement est une étape pour la construction d’une convergence des luttes contre les politiques d’austérité en Europe.

La Troïka fait la loi

La crise de la dette continue de s’accentuer  : après la Grèce, l’Italie ou l’État espagnol, la France est dans la ligne de mire des marchés… Au point que les traders allemands ont mis en place un outil spécialement destiné à spéculer sur sa dette.

L’idée de ces professionnels de la finance est de faire monter le taux d’intérêts des emprunts de l’État français. C’est dans les poches des salariéEs qu’il trouvera l’argent pour engraisser les banquiers. Un mécanisme de plus pour leur transférer nos richesses. Le FMI vient d’emprunter 430 milliards d’euros aux marchés en prévision de la faillite potentielle de ces pays. Un indice de plus de l’urgence de la situation. Chômage, précarité, misère, sont les conséquences connues de la crise. Concrètement, cela se traduit par une augmentation de 40 % du taux de suicide, en un an, en Grèce, des jeunes, des salariéEs et des chômeurEs obligéEs de couper du bois à Athènes pour se chauffer, car le gaz est devenu trop cher, une pénurie de sparadrap à l’hôpital...

Les peuples résistent

Malgré cette situation désespérante, la colère commence à prendre le pas sur la résignation. Après une réduction de 22 % du Smic grec en février, la population est descendue massivement devant le Parlement. Dans l’État espagnol et au Portugal, les centrales syndicales ont organisé des journées de grève réunissant des centaines de milliers de personnes. À Prague, en avril, a eu lieu la plus forte mobilisation depuis la chute du Mur.

L’initiative est préparée en Allemagne par les mouvements Occupy de Francfort et Berlin, des associations et collectifs locaux, Attac Allemagne, des groupes d’extrême gauche, Die Linke... Elle est relayée en Grèce, en Autriche, en Belgique, dans l’État espagnol, en Italie, en Slovénie ou encore en France. Un collectif unitaire (réunissant notamment Attac, le CADTM, Solidaires, Transform et le NPA) s’est mis en place. Les collectifs contre la dette seront également au centre de la mobilisation.

Pour nous, la mobilisation du 19 mai a une importance particulière. Il s’agira du premier rendez-vous après la présidentielle, contre les plans de rigueur et le BCE. Cela en fait une échéance majeure pour la construction d’une riposte face à l’austérité, quel que soit le vainqueur le 6 mai prochain.

Elsa Péhuite, Lucien Soufyene et J-B Pelé

L’inscription pour partir en bus à la manifestation du samedi 19 mai (40 euros l’aller-retour) peut se faire par mail, à francfort@attac.org, par téléphone, au 01 56 06 43 62 (de 17h à 19h tous les jours en semaine) ou auprès du NPA.

Dans la rue dès le 1er Mai. Dégageons Sarkozy, combattons l’extrême droite  !

dimanche 29 avril 2012


Le 1er Mai, journée de lutte internationale des travailleurs et des travailleuses, se déroulera dans un contexte particulier en France. Celui de l’entre-deux tours de l’élection présidentielle. Cette journée prend une tournure particulière, elle doit être l’occasion d’une mobilisation la plus large possible antiraciste et anti-austérité, contre la droite et l’extrême droite.

Après le premier tour de l’élection présidentielle, les manifestations du 1er Mai viendront rappeler que, si nous voulons virer Sarkozy et sa bande le 6 mai, ce sera bien par nos propres luttes sociales et politiques que nous pourrons réellement changer les choses. Sarkozy et son gouvernement ont mené pendant cinq ans une politique pour leurs amis les riches, une politique de démolition systématique de nos conquêtes sociales en appliquant à la société française le traitement de choc du Medef. Son bilan, c’est plus d’inégalités, plus d’injustices, plus de divisions, moins de libertés et un discours raciste et xénophobe de plus en plus décomplexé. Pendant toutes ces années, il a couru derrière le discours du FN, opérant une mue de la droite extrême à l’extrême droite, et contribuant ainsi à donner du crédit aux idées nauséabondes du FN et de sa candidate Marine Le Pen.

Et le résultat est là  : le FN vient de faire avec 18 % le score le plus haut de son histoire, confirmant ainsi que l’original est préféré à la copie. La brutalité des attaques antisociales, les politiques d’austérité et la dégradation des conditions de vie des classes populaires forment un terreau favorable à la démagogie d’extrême droite. La candidate du FN version 2012 a fait mine de défendre les pauvres contre les puissants mais elle s’est gardée d’avancer la moindre mesure qui pourrait gêner les capitalistes. Par contre, elle a flatté tous les préjugés racistes et islamophobes.

Le 1er mai 2012 prend donc une tournure particulière. Celle d’une riposte antiraciste et antifasciste contre la droite. D’autant plus que Marine Le Pen veut aussi en faire une démonstration de force et que Sarkozy vient d’annoncer qu’il organisera «  un très grand rassemblement  » autour du «  vrai travail  ». Alors qu’il a déjà fait la campagne, pour le premier tour, à droite toute, sur le terrain de la réaction sociale, sécuritaire, raciste et xénophobe, il récidive pour le deuxième tour. Après avoir attaqué le droit de grève par exemple dans le transport aérien, tapé sur les syndicats qu’il accuse de bloquer la société, il reprend aujourd’hui les accents de Pétain pour soi-disant valoriser le travail.

Le 1er Mai est à nous  !

À Paris, comme en régions, les manifestations du 1er Mai doivent montrer que cette journée de lutte internationale des travailleurs et des travailleuses n’est ni à Sarkozy, ni à Le Pen, ni à la droite, ni à l’extrême droite. C’est l’occasion de poser dans la rue les bases d’une contre-offensive du monde du travail, qui devra se prolonger bien après le second tour, quel que soit le «  gagnant  » le 6 mai prochain. Ce n’est pas l’appel à tous les républicains que fait Hollande, véritable appel du pied à François Bayrou, qui peut stimuler une dynamique réelle capable de battre Sarkozy.

Il faut, comme nous l’avons fait durant la campagne, remettre inlassablement au centre du débat, les questions sociales et démocratiques, les mesures d’urgence comme l’augmentation de tous les revenus de 300 euros net, l’interdiction des licenciements, la réduction du temps de travail pour permettre à tous et toutes de travailler… Bref, le refus clair et net de payer les crises des capitalistes, le refus de toutes les politiques d’austérité de droite comme de gauche.

Et quel meilleur moment pour construire la riposte et focaliser l’attention et la réflexion sur la solidarité internationale, la défense des droits des femmes, les questions sociales, la lutte pour l’emploi, le service public et la répartition égalitaire des richesses que les défilés du 1er Mai, vieille tradition du mouvement ouvrier et des mouvements sociaux  ? C’est là un hasard bienvenu du calendrier  : avant de passer par les urnes, le 6 mai, c’est dans la rue que débute le vaste référendum populaire contre Sarkozy et Le Pen. Le 1er Mai, toutes et tous dans la rue  !

Philippe Poutou

Dégageons Sarkozy et toute sa bande !

mardi 24 avril 2012



CLASH - Philippe Poutou vs Xavier Bertrand par SuperANGELPirata

Premier tour de l’élection présidentielle, déclaration de Philippe Poutou

lundi 23 avril 2012


Merci à celles et ceux qui viennent de voter pour moi car nous avons réussi ensemble dans cette campagne, au-delà de notre score à faire exister des réponses anticapitalistes : l’interdiction des licenciements, l’augmentation de tous les revenus de 300 euros nets, l’annulation de la dette, une autre répartition des richesses et la sortie du nucléaire en dix ans.

Dans cette campagne, nous avons essayé de montrer l’absolue nécessité que les salariéEs et la population ne comptent que sur leurs propres forces pour combattre les méfaits du capitalisme.

Nicolas Sarkozy a mené pendant cinq ans une politique pour ses amis les riches, une politique antisociale, xénophobe et raciste. Le fait que Sarkozy soit rejeté dès le premier tour par une grande majorité de la population est bien- sûr un formidable encouragement. Le fait par contre que l’extrême droite avec Marine le Pen fasse un score aussi élevé d’environ 20% est une mauvaise nouvelle. Son parti et elle-même ne représentent en rien les intérêts des classes populaires. C’est un danger mortel qu’il faut continuer à combattre.

Face à cette droite dure, le Parti Socialiste et son candidat ne sont pas une réponse. Le projet du PS s’inscrit dans les grandes lignes des choix de l’Union européenne et des socialistes européens. Il annonce déjà des politiques de rigueur, pour une « austérité de gauche ».

Depuis cinq ans le NPA combat la politique de Sarkozy et de son gouvernement dans la rue comme dans les urnes. C’est en ce sens que le NPA appelle le mardi 1er mai à manifester dans toutes les villes de France pour les mesures d’urgence sociales que nous avons défendues dans cette campagne, contre la politique de Sarkozy et le danger que représente l’extrême droite de Marine Le Pen.

Le 6 mai, dans la suite de la campagne que nous avons menée, nous serons au côté de celles et ceux qui veulent empêcher Nicolas Sarkozy de faire un second mandat. Nous le disons clairement, il faut dégager Sarkozy et toute sa bande en votant contre lui. Mais cela ne signifie pas un quelconque soutien à la politique de François Hollande.

Nous appelons celles et ceux qui se sont reconnus dans notre campagne à se regrouper, à prendre contact avec nous, pour qu’ensemble nous puissions faire vivre une force anticapitaliste indépendante. Dans la bataille contre l’austérité de droite comme de gauche, nous nous adressons au Front de Gauche, à Lutte ouvrière, aux militantEs syndicalistes et bien au-delà à celles et ceux qui se sont retrouvés dans ces campagnes pour préparer dès à présent la contre-offensive dont a besoin le monde du travail.

Paris le 22 avril à 20h

Votons pour Philippe Poutou !

dimanche 15 avril 2012


Nous approchons du premier tour des présidentielles. Tout est possible, même la réélection de Sarkozy. De son côté, Philippe Poutou continue de défendre les droits des travailleurEs et de la population, avant, pendant et après les élections  !

À dix jours du scrutin, rien n’est joué. Tout peut arriver. Il y a six mois, après la primaire socialiste, tous les observateurs donnaient Hollande gagnant, assurant l’alternance sociale-libérale tranquille. Aujourd’hui, la situation reste ouverte, rien n’est à écarter, même une victoire de Sarkozy  !

Et pourtant, le rejet du président sortant n’a jamais été aussi fort. Il incarne l’austérité de droite, la «  règle d’or européenne  » qui corsète les budgets publics, les intérêts des plus riches. Alors, il radicalise sa politique, toujours plus à droite  : une politique xénophobe et sécuritaire mais aussi l’affrontement contre les syndicats. Son objectif  : reconquérir une partie substantielle de l’électorat du Front national. Résultat, les électeurs préférant l’original à la copie, Marine Le Pen, reste aujourd’hui haut, trop haut dans les sondages.

Mais la force de Sarkozy n’est pas dans son propre camp, elle est dans la faiblesse de la campagne de Hollande. Inscrivant sa politique dans les grandes lignes des choix de l’Union européenne, il annonce une «  austérité de gauche  ». Dès qu’il s’avance sur une mesure de gauche, comme la création de postes dans l’enseignement, c’est pour hésiter, reculer, s’excuser et dire qu’il supprimera des emplois publics dans d’autres secteurs pour respecter les équilibres. Les classes populaires sentent bien qu’un gouvernement Hollande risque, en fait, d’être un gouvernement «  Hollandréou  », reprenant les politiques d’austérité qu’ont menées ses homologues grec, portugais et espagnol. C’est d’ailleurs une des explications des prévisions d’une abstention massive  : plus de 30 %  !

Du coup, la faible dynamique de la campagne socialiste bénéficie à la campagne de Mélenchon. Le succès du Front de Gauche exprime aujourd’hui la résistance des classes populaires à l’austérité. Au-delà de la politique des dirigeants, il y a le refus de l’austérité de gauche que nous promet le PS. Nous partageons nombre de revendications ou de mobilisations avec les militantEs du Front de Gauche, et une nouvelle fois, nous proposons de «  frapper ensemble  » contre le gouvernement et les capitalistes, que ce soit pour défendre l’emploi ou les droits démocratiques, et avant tout ceux des sans-papiers.

Mais à la différence du Front de Gauche, nous ne pensons pas qu’on puisse défendre les revendications des travailleurEs et maintenir l’ambiguïté sur les alliances possibles avec les dirigeants socialistes. Si la gauche gagne, le Front de Gauche décidera de sa participation gouvernementale au lendemain des élections législatives. Dont acte. Mais, dès aujourd’hui, il revendique la participation à une nouvelle majorité de gauche. Comment combattre, alors, l’austérité de gauche et demander une alliance parlementaire avec ceux-là mêmes qui veulent imposer cette politique  ?

Il faut dégager Sarkozy, mais si Hollande gagne, ne faudra-t-il pas une opposition de gauche unitaire à sa politique  ? Le NPA répondra présent  ! Et les dirigeants du Front de Gauche  ?

Avec Philippe Poutou, les choses sont claires. Son programme, c’est l’inverse des politiques actuelles. Les classes dominantes et les gouvernements nous conduisent à la récession  : licenciements, baisse du pouvoir d’achat, destruction des services publics. Elles veulent faire payer la crise aux peuples, nous voulons faire payer la crise aux capitalistes, et à eux seuls.

Au contraire, le candidat du NPA défend un «  bouclier social  », un plan d’urgence contre la crise  : interdiction des licenciements, réduction du temps de travail à 32 heures, développements des services publics et création de centaines de milliers d’emplois publics, augmentation de tous les salaires de 300 euros net, pas de revenus au-dessous de 1 700 euros, le droit à la retraite à 60 ans avec 37, 5 annuités  !

Priorité doit être donnée aussi à la sortie du nucléaire en dix ans et à une planification écologique qui socialise le secteur de l’énergie pour assurer une reconversion énergétique qui assure les besoins de la population et crée des centaines de milliers de nouveaux emplois.

De l’argent pour appliquer ce programme, il y en a  : en taxant les énormes profits des grandes entreprises, en annulant la dette et en imposant une fiscalité anticapitaliste qui prenne aux plus riches pour satisfaire les besoins des classes populaires.

Pour réaliser ces objectifs, il ne faudra pas hésiter à affronter les capitalistes, à enlever le pouvoir aux banquiers, à exproprier les banques en les nationalisant sous contrôle des travailleurEs et des citoyenNEs  ! Cette politique exige de nouveaux rapports de forces, une mobilisation sociale exceptionnelle, de nouveaux Mai 68 et Juin 36 victorieux.

Au-delà des échéances électorales, il faut s’y préparer.C’est ce que défend Philippe Poutou  !

François Sabado

Dans les mobilisations, dans les élections... prenons nos affaires en main !

mardi 10 avril 2012


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Avec la candidature de Philippe Poutou, le NPA a fait le choix de présenter un ouvrier, un salarié «  d’en bas  » qui a une vraie légitimité quand il parle de la crise. Un candidat qui ne fait pas de la politique une affaire de professionnels mais qui défend l’engagement de toutes et tous pour transformer la société.

À droite, on pense qu’il suffit de se déguiser en «  candidat du peuple  » durant quelques semaines de campagne pour faire oublier que pendant cinq ans on a été «  le président des riches  ». Lamentable tentative que celle de Nicolas Sarkozy pour relancer une opération séduction auprès des catégories populaires, lui qui s’en est si peu soucié hormis pour leur faire payer durement la crise À gauche, après un casting géant nommé «  primaire socialiste  », c’est François Hollande qui a décroché le gros lot parmi celles et ceux qui au PS rêvaient de la présidentielle... Le couronnement d’une carrière en politique, comme d’autres en mènent dans les affaires.

Dans le petit monde des politiciens, quelquefois même très à gauche, la fonction présidentielle suscite tout les espoirs. De la rencontre entre un homme et un peuple à la posture de l’homme providentiel, on se vautre dans cette ve République pour tenter d’illusionner sur sa capacité à changer la vie quotidienne de millions de personnes.

Représenter la dignité populaire

Cette conception de la politique n’est tout simplement pas la nôtre. Philippe Poutou est un simple salarié, ouvrier dans l’automobile dans une usine près de Bordeaux, comme Olivier Besancenot, candidat de la LCR en 2002 et 2007, était facteur. Avec cette candidature, nous voulons d’abord afficher nos couleurs, celle d’un camp social. En faisant irruption dans cette campagne électorale, nous voulons faire la démonstration que nous pouvons nous mêler de nos affaires, même quand on exige de nous l’inverse  ! Se nourrir, se loger, se chauffer, travailler, circuler... aucun de ces sujets n’est absent de nos vies, constituant pour beaucoup d’entre nous une préoccupation de tous les instants, tant la précarité s’est installée dans notre quotidien. De tout cela, beaucoup de candidatEs veulent faire des thèmes de campagne pour promesses électorales. Mais qu’en connaissent-ils vraiment  ? Notre candidat lui ne bluffe pas quand, devant les caméras et micros des médias ou pendant les réunions publiques, il se révolte contre l’injustice d’un système qui plonge le plus grand nombre dans la difficulté pour le bénéfice d’une poignée. En cela, il est l’écho de celles et ceux qui sur leur lieu de travail ou d’étude, dans leur quartier, n’en peuvent plus.

Aussi en choisissant comme candidat un salarié qui s’est battu durant plusieurs années avec ses camarades pour sauver leurs emplois contre une multinationale, nous voulons montrer que celles et ceux que l’on n’attend pas peuvent relever la tête. Ne pas se résigner, se révolter, résister, lutter collectivement, voilà les seules conditions du progrès social. Hier la Commune de Paris ou les luttes du Front populaire. Aujourd’hui, les révolutions dans le monde arabe ou la mobilisation des IndignéEs du monde entier.

Une démocratie réelle maintenant  !

Être consultés tous les cinq ans pour choisir un personnel politique totalement hors de contrôle, voilà le fonctionnement ordinaire d’un système où la démocratie parlementaire sert de paravent à la dictature des marchés. C’est pour cela que nous voulons la suppression de la fonction présidentielle ainsi que celle du Sénat, une instance réactionnaire. Si l’on veut que le pouvoir puisse être l’affaire de tous, il faut que l’Assemblée nationale, censée nous représenter, soit élue à la proportionnelle intégrale, ce qui permettrait au moins que tous les différents courants politiques y soient représentés et que le débat puisse avoir lieu sur tous les sujets qui nous concernent. En limitant le cumul des mandats et leur nombre, on pourrait peut-être aussi voir au sein des institutions des personnes à l’image de la réalité de notre société  : des salariéEs, des femmes, des personnes issues de l’immigration... Et évidemment il devrait être possible de révoquer les éluEs qui ne respectent pas leur mandat, des éluEs remunéréEs au salaire moyen de la population. Une démocratie réelle, cela devrait être aussi la possibilité d’avoir d’autre cadres de décision que la simple représentation nationale. S’appuyer sur la mobilisation des premierEs concernéEs pour prendre les décisions au plus près – sur nos lieux de travail, d’habitation, à l’échelon géographique le plus adapté – ce serait le meilleur moyen de prendre enfin le contrôle de nos vies.

Ces exigences, il faudra les imposer, en commençant par les exprimer en votant pour la candidature de Philippe Poutou.

Manu Bichindaritz

Demandez le programe du NPA !

mardi 3 avril 2012


Voici la brochure de campagne du NPA !

Drames de Toulouse et Montauban : assez de démagogie sécuritaire  !

jeudi 29 mars 2012


Les récents drames de Toulouse et Montauban poussent à s’interroger sur le contexte politique, social et idéologique qui peut conduire des individus à basculer dans la haine meurtrière.

Les meurtres perpétrés à Toulouse et Montauban suscitent une légitime indignation. Rien ne saurait justifier ces actes, et rien ne saurait excuser le geste de Mohamed Merah. Mais doit-on cependant prétendre, comme l’a fait Nicolas Sarkozy, que ces crimes seraient «  inexplicables  »  ?

Car Mohamed Merah n’est malheureusement pas le premier à passer à l’acte. Le 22 juillet dernier, Anders Breivik assassinait 77 personnes à Oslo par haine «  du marxisme et de l’islam  ». Le 13 décembre, à Florence, Gianluca Casseri, militant d’extrême droite, ouvrait le feu sur des vendeurs ambulants sénégalais  : deux morts, trois blessés graves. Fin 2011, une cellule néonazie, coupable de neuf meurtres racistes, était démantelée en Allemagne… Une liste qui témoigne du fait que la rhétorique du «  choc des civilisations  » n’a pas fini de faire des dégâts. Des individus s’insèrent dans cette vision du monde, et décident de reproduire sur le continent européen, à une plus petite échelle mais avec autant de violence, les «  guerres de civilisation  » menées contre l’Afghanistan et l’Irak.

Le 27 août 2007, lors de son premier discours de politique étrangère, Sarkozy évoquait le risque «  [d’une] confrontation entre l’islam et l’Occident  ». Depuis cinq ans, sa politique, à l’étranger comme à l’intérieur, a démontré que ces propos n’étaient pas un dérapage. Les droites et les extrêmes droites européennes ont fait de la stigmatisation de l’autre, et notamment de l’islam et des musulmans, un fonds de commerce  : Sarkozy et ses sbires, au premier rang desquels le sinistre Claude Guéant, ont largement participé de ce mouvement. Cette rhétorique agressive a été accompagnée de mesures législatives (interdiction des minarets en Suisse, de la burqa en France, etc.) et a contribué à la libération de la parole raciste et des haines diverses, ainsi qu’à l’accroissement des frustrations et des rancœurs.

La lâcheté, voire la complicité de la gauche institutionnelle, et les conséquences de la crise économique ont favorisé le développement de ce discours de stigmatisation. En désignant des boucs émissaires et en flattant les préjugés xénophobes, droite et extrême droite veulent encourager les divisions au sein du camp des victimes de la crise et empêcher que leur colère ne s’exprime contre les vrais coupables. Lors de son discours à Villepinte, Sarkozy dénonçait ainsi «  l’étranger qui vient en France pour le seul attrait de nos prestations sociales et qui ne respecte pas la France  ». Et de répéter en boucle ces dernières semaines  : «  comment demander des sacrifices aux Français si pendant ce temps les immigrés continuent d’entrer sur le territoire avec comme seul objectif de bénéficier de prestations sociales  ?  »

À cette stigmatisation se sont ajoutés le renforcement de l’arsenal sécuritaire, souvent au nom de la «  lutte contre le terrorisme  », la banalisation des violences policières, qu’elles soient verbales ou physiques, et une gestion de plus en plus répressive des conflits sociaux. Ce climat de peur, de haine et de violence a progressivement pénétré de plus en plus de sphères de la société. Les terribles dégâts de la crise et la violence sociale généralisée ont approfondi ce phénomène, typique des périodes de crise économique majeure.

Nous l’avons dit  : rien ne saurait excuser les récents meurtres. Mais ils s’inscrivent bien dans un contexte social et politique, ce qui rend d’autant plus insupportables les hypocrites appels à «  l’union nationale  », au «  front républicain antiraciste  » ou à la défense des «  valeurs de la France  », a fortiori lorsqu’ils viennent de ceux qui sont responsables de la diffusion de cette culture de haine et de violence. L’instrumentalisation du drame, avec la stigmatisation accrue de l’islam ou la consolidation de dispositifs liberticides (à l’image des premières mesures annoncées par Sarkozy) n’est pas seulement révoltante  : elle est dangereuse. Il ne s’agit en effet ni plus ni moins que de renforcer les logiques qui ont déjà conduit certains individus influençables et probablement désaxés à passer à l’acte.

Des sociétés où dominent haine, stigmatisation et violence, engendrent des Mohamed Merah et des Anders Breivik. Pour ne plus vivre de tels drames, il s’agit donc d’en finir avec les politiques qui créent les conditions de ces drames. L’urgence est donc au refus des logiques de divisions artificielles et de fausses unions, en amplifiant le combat antiraciste et anticapitaliste, et en s’en prenant aux véritables fauteurs de guerre, de misère et de haine.

Julien Salingue

Sarkozy l’imposteur

samedi 17 mars 2012


Derrière le show, les attaques. Le rassemblement de Villepinte était le point d’orgue d’une semaine censée placer Sarkozy en pole position pour la présidentielle.

Après avoir couru derrière Marine Le Pen pour tenter de capter son électorat, Sarkozy tente de se recentrer en concurrence avec… Bayrou. Ni droite ni gauche, le peuple de France et son président, les relents gaullistes assaisonnés à la sauce centriste, plus une forte dose de FN  !

Il continue de se composer son nouveau personnage. De confidences en confidences, de mea culpa en autocritique, le cœur sur la main il voudrait convaincre que, sûr de sûr, il n’est plus le même. N’a-t-il pas maintenant trouvé une famille comme il le déclarait sans rire lors de l’émission Des paroles et des actes  ? Et puis, sûr de sûr, s’il est battu, il abandonne la politique pour se reconvertir… Lui qui, pourtant, a «  tout donné à la France  »… Le tartuffe abuse de la démagogie la plus grossière. Il a remis ça, dimanche dernier à Villepinte, devant un public rassemblé à coups de millions d’euros, qui semblait plutôt être venu pour un match de foot au stade de France que pour un meeting politique…

Jean-Louis Borloo avait tenu à apporter sa petite note d’humour à cette mauvaise comédie en annonçant qu’il soutenait Sarkozy mais qu’il n’irait pas à Villepinte. Il a ainsi laissé Hervé Morin seul avec les deux autres ralliés Frédéric Nihous et Christine Boutin. Toute la famille était là, même Bernadette… «  Non Nicolas, tu n’es pas tout seul  !  », pouvait s’exclamer François Fillon. Puis ce fut le numéro du tartuffe, le président des riches, le président bling-bling devenu le président du peuple. «  J’ai compris. J’ai compris que le président de la République devait assumer la dimension tragique de l’histoire. J’ai appris l’humilité. J’ai compris que les Français attendaient de moi autant une dimension d’engagement que de résultats.  » Et de poursuivre, «  J’ai appris la conviction que, pour les cinq années qui viennent, le président de la République devait rendre la parole au peuple. Je proposerai donc des référendums à chaque fois que quiconque essaierait de les empêcher de parler.  » Comble de cynisme, «  les vrais blocages ne viennent pas des Français, mais de certains corps intermédiaires qui craignent un monde nouveau qui viendrait affaiblir leur autorité  ». Et, au passage, Sarkozy fait huer les syndicats avant de justifier, une fois encore, les attaques contre les retraites, faire l’éloge de sa propre détermination et vanter les accords compétitivité-emploi.

Les immigrés, éternels boucs-émissaires

Mais le clou du discours est la charge contre les accords de Schengen. «  L’Europe ne peut pas être la seule région du monde à si mal faire respecter ses frontières  ». «  Les accords de Schengen ne permettent plus de répondre à la situation. Ils doivent être révisés. Il faut un gouvernement politique de Schengen. Il faut pouvoir sanctionner, suspendre un État défaillant de Schengen. Il n’est pas question de devoir subir les insuffisances de contrôles aux frontières de l’Europe  », pour menacer de suspendre «  la participation de la France aux accords  ».

Il prétend ainsi «  réconcilier la France du oui et la France du non  », car pour lui la France du non, c’est la droite extrême et l’extrême droite. Il leur propose un nationalisme combiné à un nationalisme européen, tout et son contraire avec comme seul fil conducteur la démagogie contre l’étranger, les immigrés, le racisme et la xénophobie. C’était aussi le sens des propos tenus la semaine dernière en direction des rapatriés et des harkis au moment même du cinquantième anniversaire des accords d’Évian et de la fin de la sale guerre d’Algérie. Dans la même veine du nationalisme européen, il propose un «  Buy European Act sur le modèle du Buy American Act  », un protectionnisme européen.

Mais la France du non, c’est d’abord celles et ceux qui ont refusé l’Europe de la concurrence libre et non faussée, le libéralisme contre les travailleurs et les peuples, une politique qui a conduit à la crise des déficits publics et de la dette. Celles et ceux qui veulent une autre Europe que celle de Sarkozy et Merkel, une Europe démocratique et solidaire, une Europe des travailleurs et des peuples.

Sarkozy cherche une fois encore à brouiller les cartes. Il y en a assez de ses boniments, il est temps de nous débarrasser de lui et de sa politique.

Yvan Lemaitre

Réunion publique du collectif pour un audit citoyen du 18ème (13 mars)

dimanche 4 mars 2012


Venez nombreux/euses !

D’Athènes à Paris  : reprenons le contrôle  !

mardi 28 février 2012


Le 18 février, des rassemblements et manifestations de solidarité avec le peuple grec ont eu lieu à travers l’Europe et dans de nombreuses villes de France.

Ces initiatives doivent être comprises bien au-delà du soutien à un peuple qui se fait écraser par la Troïka. Si elles doivent s’amplifier, c’est parce que la Grèce est un laboratoire des attaques qui attendent les salariéEs avec ou sans emploi, les retraitéEs et les étudiantEs au Portugal ou en Espagne... Mais aussi en France.

Sous un gouvernement de droite, comme de gauche. À l’heure où le gouvernement décide par procédure d’urgence de faire voter la TVA antisociale à l’Assemblée nationale ou encore l’institutionnalisation du Mécanisme européen de solidarité, il suffit de voir le peu de réaction du PS, votant contre le premier tout en ne participant à aucun cadre de mobilisation pour s’y opposer, et s’abstenant sur le deuxième. Pourtant, partout en Europe, les richesses existent pour éviter les plans d’austérité mis en œuvre au nom du paiement de la dette et de la réduction des déficits budgétaires.

Il nous faut donc sans attendre organiser la riposte. En France, plus de 100 collectifs unitaires contre la dette existent. Dans plusieurs villes, ils ont pris l’initiative des rassemblements de solidarité avec le peuple grec, comme à Rouen ou à Strasbourg. À Marseille, des centaines de personnes ont pu entendre une militante grecque témoigner lors d’un meeting organisé par le collectif, comme ce sera le cas à la Bourse du travail de Paris le 5 mars. Des exemples à généraliser.

De plus, le collectif national appelle à intervenir dans les manifestations à l’appel de la Confédération européenne des syndicats le 29 février, à une semaine d’action contre l’austérité, le Pacte budgétaire, et en solidarité avec le peuple grec la semaine du 5 au 12 mars, à la grande manifestation européenne prévue à Francfort dans la deuxième quinzaine de mai, et à une assemblée des collectifs fin juin. Autant d’échéances permettant de poursuivre le travail militant des collectifs, d’en créer et de les développer.

Le NPA souhaite porter dans cette campagne unitaire la nécessité et la possibilité par exemple d’annuler la dette et de mettre en place un service unique du crédit, mais aussi d’organiser notre camp social selon ses propres intérêts.

Car à un rythme accéléré, les mobilisations en Grèce sont porteuses d’un débat de société incontournable aujourd’hui  : qui décide de notre avenir  ? Le rejet de la Troïka et du diktat imposé par le tandem Sarkozy/Merkel pousse ainsi certains courants de gauche en Grèce à promouvoir une «  union sociale et patriotique  » pour sortir de la crise. D’autres militantEs favorisent l’émergence de formes de contrôle par la population elle-même. Les assemblées interprofessionelles de salariéEs sont de plus en plus massives, et deux exemples de la dynamique en cours méritent d’être soulignés  : les salariéEs du journal Eleftherotypia, dont le patron qui leur devait 7 millions d’euros en salaires impayés s’est réfugié derrière l’article 99 du code des mises en faillite, ont créé leur propre journal, l’Eleftherotypia des travailleurs. Les travailleurEs hospitalierEs de Kilkis, au nord de la Grèce, ont occupé leur hôpital et proclamé que celui-ci était désormais sous contrôle ouvrier.

Les collectifs contre la dette peuvent permettre de favoriser cette option  : que la population reprenne le contrôle idéologique, économique et politique de la société.

Rejoignez un collectif, organisons ensemble la riposte, reprenons le contrôle  !

Vanina Giudicelli

www.audit-citoyen.org

Sarkozy, candidat de l’UMP... et du FN ?

mercredi 22 février 2012


Il est bien peu probable que Sarkozy puisse empêcher Marine Le Pen d’être candidate, mais lui et ses ministres sont obsédés par l’idée de lui disputer son électorat pour éviter d’imploser, coincés entre elle et Bayrou.

« Toutes les civilisations ne se valent pas  », déclarait la semaine dernière, provocateur, Guéant. Il s’est fait une spécialité de ces petites vilenies comme quand, la veille des élections cantonales, il déclarait  : «  À force d’immigration incontrôlée, les Français ont parfois le sentiment de ne plus être chez eux.  » Jean-François Copé n’a pas voulu être en reste. Sur France Inter, il vantait les valeurs communes aux électeurs de droite et d’extrême droite, «  notamment en matière de sécurité, de fermeté, de lutte contre l’immigration clandestine et aussi sur le plan économique  ». Et d’expliquer que voter Marine Le Pen signifierait «  mécaniquement  » la victoire de la gauche.

Quelques jours après, Sarkozy a pris la main en annonçant les grandes lignes de sa campagne dans une interview accordée au Figaro, articulée autour des «  valeurs  » de «  travail  », de «  responsabilité  » et d’ «  autorité  ». Au nom de ces prétendues valeurs, il a désigné les travailleurEs les plus démuniEs, les plus fragiliséEs à la vindicte populaire. Il n’a pas trouvé mieux, lui qui promettait de ramener le chômage à 5 % alors qu’il est aujourd’hui au plus haut depuis douze ans (environ 10 %), que de proposer un «  nouveau système dans lequel l’indemnisation ne sera pas une allocation que l’on touche passivement, mais la rémunération que le service public de l’emploi versera à chaque demandeur d’emploi en contrepartie de la formation qu’il devra suivre  ». Ensuite, les chômeurEs ne pourront pas refuser une offre de travail. Et Sarkozy souhaite, si les syndicats ne se plient pas à cet oukase organiser un référendum «  sur ce système d’indemnisation du chômage et sur la façon dont on doit considérer le travail et l’assistanat  ».

Les chômeurEs, des assistéEs  ! Dans la foulée, il s’en prend au droit de vote des immigréEs aux élections locales et au droit des étrangers, envisageant de soumettre les décisions d’expulsions à un juge administratif pour les faciliter. Proposition qui, elle aussi, pourrait être soumise à référendum.

Sarkozy tient le même discours que l’extrême droite, il utilise aussi les mêmes méthodes, la provocation, la politique du bouc-émissaire dans le but de diviser les classes opprimées en agressant les plus faibles. Un des enjeux de la campagne est de retourner cette politique pourrie contre son instigateur.

Yvan Lemaitre

Rendre coup pour coup

lundi 13 février 2012


À quelques semaines de l’élection présidentielle, le gouvernement essaie de mener le plus d’attaques possible contre les salariéEs. Face à cela, la riposte doit être immédiate.

Plus que jamais, l’idée d’une trêve électorale est bien loin de caractériser la situation à seulement deux mois et demi du premier tour de l’élection présidentielle. Avec l’approfondissement de la crise, les travailleurEs et les peuples subissent toujours plus gravement les attaques des bourgeoisies à la recherche d’une solution sauvegardant profits et dividendes.

Dans ce registre, Sarkozy et ses acolytes ne sont pas en retrait avec la dernière série de mesures annoncées la semaine passée dont les deux plus redoutables, la TVA antisociale et les nouvelles attaques contre le code du travail. Dans la foulée, l’arrivée des feuilles de déclaration fiscale met en évidence que le gel du barème de l’impôt sur le revenu pour deux années consécutives, 2012 et 2013, risque de rendre imposables de nombreuses familles et de faire changer de tranches des milliers d’autres avec une augmentation pouvant atteindre 12, 5 % pour certainEs. Suicide politique pour les uns, affolement et servilité devant la dictature du capital, volonté de baliser le débat électoral pour les autres, le pouvoir en place ne nous laisse qu’une option, riposter dès maintenant.

Riposte sociale C’est la voie qu’ont choisi depuis des mois les Fralib, les postierEs, les Lejaby, les salariéEs du nettoyage et tous ceux qui résistent et défendent leurs droits sans attendre les lendemains qui chantent. Et c’est bien un des enjeux de notre campagne  : rendre visibles ces résistances, en être les porte-parole. Face aux tentatives d’instrumentalisation par le gouvernement du combat des SeaFrance ou des Lejaby, nous leur affirmons notre soutien inconditionnel. Les assauts racistes de Guéant, les attaques contre le droit de grève dans le transport aérien, l’intervention policière à La Poste montrent la détermination du gouvernement.

Cette détermination justifie plus que jamais une riposte immédiate. Si le gouvernement a fixé au 17 février la première rencontre avec les confédérations syndicales, Bernard Thibault a annoncé lors du meeting au Zénith, une journée européenne de mobilisations pour le 29 février. Les organisations syndicales empêtrées dans leur refus de la politique de la «  chaise vide  » cautionnent ainsi, de fait, le calendrier fixé par Sarkozy et sa politique de pseudo-dialogue social. L’antisarkozysme affirmé par B. Thibault lors d’un meeting ne saurait se limiter à une dénonciation, si virulente soit-elle. La seule garantie pour battre Sarkozy, barrer la route à Le Pen, s’opposer à l’alignement de la politique d’un gouvernement à majorité socialiste sur celle du «  merkozysme  », réside dans le développement des luttes sociales.

La campagne de Mélenchon, parsemée de Rafales, de franchouillardises, reste ambiguë sur le refus de payer la dette, l’expropriation complète des banques et surtout d’un silence bruyant sur la participation de membres du Front de Gauche à un gouvernement à majorité socialiste, tout en avançant plus ou moins discrètement, sur les «  réservations  » de places aux législatives.

Le refus de la TVA antisociale, du nucléaire et de toutes les discriminations, l’interdiction des licenciements et la réduction du temps de travail, les moyens pour vivre pour toutes et tous, les moyens humains et matériels pour le secteur public, autant de combats qui manifestent le refus du plus grand nombre de payer la crise dont sont responsables bourgeoisies et gouvernements à leur solde. Notre campagne n’est pas une campagne de témoignage mais d’engagement à la lutte pour bousculer le rapport de forces, s’engager dans un changement de société.

Robert Pelletier

Derrière la confiance de ceux d’en haut...

jeudi 2 février 2012


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Forum économique mondial à Davos, rapports du FMI et de l’Organisation internationale du travail, annonces de Nicolas Sarkozy, traité européen  : les derniers jours ont été fertiles en événements plus ou moins significatifs.

Chez les puissants du monde réunis à Davos ce week-end, il y avait ce que le journal économique les Échos du 30 janvier qualifie de minces lueurs d’espoir. De son côté, Nicolas Sarkozy affirmait lors de son show télévisé du 29 janvier  : «  La crise financière s’apaise. L’Europe n’est plus, de ce point de vue, au bord du gouffre. Il faut maintenant consacrer tous nos efforts à la résolution de la crise économique  ».

Sans vouloir jouer les prophètes de malheur, on peut remarquer le contraste entre ce climat du week-end et le rapport du FMI publié seulement cinq jours avant (le 24 janvier) qui mettait l’accent sur les risques de la situation mondiale et confirmait l’entrée en récession de la zone euro. Le gouvernement français vient d’ailleurs par la bouche de François Fillon d’entériner ce que disent tous les économistes en ramenant à 0, 5 % sa prévision de croissance pour 2012 (le FMI est à 0, 2 %).

En fait, le yo-yo continue  : un jour, c’est supposé aller mieux, le lendemain la catastrophe est à nos portes. Les dirigeants naviguent à vue sans aucune capacité ni volonté de briser la spéculation financière et le projet de Nicolas Sarkozy d’une pseudo-taxe sur les transactions en est l’illustration. Comme le dit justement Luc Lamprière, directeur d’Oxfam France, cette annonce «  répond en réalité aux attentes des lobbys financiers  ».

Un seul point fait l’unanimité chez ceux d’en haut, notamment les dirigeants européens  : la priorité est à la remise en ordre des finances publiques et aux réformes de la protection sociale et du code du travail dans le sens d’un affaiblissement des garanties collectives. En témoigne l’adoption lundi 30 janvier à Bruxelles du «  traité pour la stabilité, la coordination et la gouvernance dans l’Union économique et monétaire  » qui entérine la «  règle d’or  » sur les déficits budgétaires avec des sanctions quasi automatiques en cas de non-respect. De plus, les gouvernements s’engagent à faire connaître à l’avance «  toute réforme économique majeure  ».

Les dirigeants accroissent ainsi le risque d’une identification entre Europe et imposition de politiques antisociales. Même si elle ne paraît pas devoir être retenue, l’idée allemande de la nomination en Grèce d’un «  commissaire européen au Budget  » doté d’un pouvoir de veto sur les décisions en matière de dépenses et de fiscalité est l’illustration de cette dérive folle.

Le nouveau traité, après ceux de Lisbonne et de Maastricht, risque d’attiser les fantasmes nationalistes. La dénonciation de ces textes est certes un des axes de la campagne présidentielle du NPA. Mais, cela va de pair avec le rappel de notre attachement à la construction d’une Europe sociale et écologique, et avec la dénonciation des solutions nationalistes.

Toujours plus de pauvres

Par ailleurs, aux refrains sans doute temporaires sur le répit dans la crise, nous pourrons opposer entre autres les constats de l’Organisation internationale du travail (OIT). Dans son rapport sur les «  tendances mondiales de l’emploi  » publié le 24 janvier, l’OIT estime en effet que le monde compte 27 millions de chômeurs de plus depuis le début de la crise en 2008 (ce qui en porte le nombre total à environ 200 millions). Et tous les ans, près de 40 millions de personnes viennent grossir les rangs de ceux qui cherchent un emploi, indique le rapport.

Autre constat alarmant  : la hausse du nombre de travailleurEs pauvres dans le monde. Près de 900 millions de travailleurEs vivent sous le seuil de pauvreté fixé par la Banque mondiale, soit avec moins de 2 dollars par jour. Ils sont 55 millions de plus qu’avant la crise de 2008. Et la moitié de ces 900 millions de personnes vivent sous le seuil de l’extrême pauvreté, soit avec moins de 1, 25 dollar par jour. Pour ce qui de l’Union européenne, le rapport met l’accent sur les sombres perspectives pour l’emploi et le chômage du fait de la généralisation des mesures d’austérité. Confirmant ainsi le constat fait antérieurement par l’Insee d’une baisse de l’emploi dans la zone euro de 3 millions de postes entre 2008 et 2011 (de 149, 7 à 146, 8 millions) dont 2, 1 millions dans l’industrie.

Henri Wilno

Mettre fin à la banalisation du FN

mercredi 25 janvier 2012


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FN Dégage

La démagogie de l’UMP et en particulier de Sarkozy banalise les préjugés réactionnaires. Il est temps de rompre cette logique qui nourrit l’imposture de Marine Le Pen.

Selon un sondage récent de la Sofres, 31 % des sondéEs se disaient d’accord avec les idées du FN, principalement dans les milieux ouvriers ou populaires. Plus inquiétant encore, selon ce même sondage, ce serait les thèmes de la sécurité, de la défense des «  valeurs traditionnelles  », de la démagogie anti-immigrés qui feraient recette. La façon dont sont posées les questions, la place donnée au FN dans les médias, ont certes tendance à amplifier l’effet Marine Le Pen, en particulier à l’exagérer dans le monde du travail, mais il n’empêche que la poussée du FN et de façon plus générale des préjugés dont il se nourrit est bien réelle.

Le jeu pervers des rivalités entre Sarkozy et Hollande, chacun se servant du FN comme faire-valoir en faveur du vote utile, propulse Marine Le Pen au centre de la campagne et lui permet de tirer profit de sa politique visant à donner à son parti une nouvelle «  respectabilité  » pour en faire un parti susceptible de s’allier avec la droite.

Dans leur course à l’électorat Lepeniste, Sarkozy, Guéant et compagnie renforcent le FN que ce soit dans la célébration de Jeanne d’Arc ou la démagogie xénophobe et anti-immigrés. Brigitte Barrèges, députée UMP et membre de la Droite populaire, vantait il y a peu la «  préférence nationale  ».

Le FN se nourrit du rejet par une large fraction de la population de tous les partis de droite ou de gauche qui portent la responsabilité de la crise depuis vingt ans. Et, aujourd’hui, les mêmes tentent de masquer leur impuissance par un discours nationaliste, seule façon pour eux de laisser croire qu’ils se soucient des intérêts du peuple. Le FN pousse jusqu’au bout cette démagogie tout en prétendant se faire le porte-parole des classes populaires. La «  foire aux impostures  » qu’est la campagne des grands partis, pour reprendre la formule de Politis, profite à l’imposture la plus cynique, celle qui, sans vergogne, flatte tous les préjugés. Marine Le Pen dame le pion à Sarkozy.

Sa politique est hostile aux classes populaires. «  Mon ambition est d’aller jusqu’à désendetter la France  », prétend elle. Elle rebaptise l’austérité «  plan de vigueur  » pour «  trancher le nœud gordien de la dette  » par son «  modèle économique patriotique  ». Rupture avec l’Europe, retour au franc, une taxe de 3 % sur les importations, lutte contre l’immigration légale et illégale, recours à la «  planche à billets  » et en prime une augmentation de 200 euros net pour les salaires inférieurs à 1, 4 Smic (prise en charge par l’État par une diminution des cotisations sociales patronales). Cette politique, qui ne pourrait s’appliquer que dans le contexte d’un effondrement de l’Europe capitaliste, représenterait une régression dont les travailleurs et la population seraient les victimes.

«  Beaucoup de Français doutent de l’utilité du bulletin de vote et des centaines de milliers de nos compatriotes peuvent avoir envie de donner un grand coup de pied dans la fourmilière  » selon le porte-parole du PS, Benoît Hamon. Oui, mais à qui en revient la responsabilité, si ce n’est à la gauche tant sociale que politique, incapable d’avoir une politique répondant aux besoins et aux intérêts de la classe ouvrière, de la population. La démoralisation qu’elle engendre laisse chacun isolé, sans perspective collective, livré aux démagogues.

Construire une perspective démocratique fondée sur la solidarité des peuples contre la concurrence capitaliste et toute forme de nationalisme, masque de la défense des classes privilégiées, est la seule voie pour contrer la montée du populisme réactionnaire.

Yvan Lemaitre

Samedi 21 janvier : fête du NPA Paris avec Philippe Poutou

jeudi 19 janvier 2012


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Samedi 21 Janvier 2012

De 12h à 22h salle Olympe de Gouges, 15 rue Merlin, métro Père Lachaise

À partir de 13 heures  : débats avec des militants du NPA sur les luttes à Paris (Archives de France, ENS Ulm, CIVG Tenon, sans-papiers, jeunes), la crise de la dette et de l’euro, les révolutions arabes.

À 17 heures  : table ronde sur les résistances en Europe face à la crise, l’austérité et la dette. Avec Josep Maria Antentas (État espagnol) et Stathis Kouvelakis (Grèce).

Simultanément  : spectacle pour les enfants, par la troupe La Mallicieuse.

À 19 h 30  : prise de parole de Philippe Poutou, candidat du NPA à l’élection présidentielle.

À 20 heures  : concert du groupe

La Rabia.

RV Espace Olympe de Gouges, 15, rue Merlin Paris 11e (M° Père-Lachaise ou Parmentier). Entrée gratuite.

Grèves, manifs, blocages... unissons nos forces !

jeudi 6 octobre 2011


Le gouvernement est de plus en plus détesté et discrédité. Cependant, la seule attente d’un changement de présidence en 2012 ne suffira pas à revenir sur toutes ses contre-réformes. Pour cela, il est essentiel de faire converger les luttes.

À un peu plus de six mois des élections présidentielles, la Sarkozie est plus que jamais discréditée dans l’opinion, non seulement dans les sondages mais aussi dans les bureaux, les ateliers, les salles de profs, les hostos... Scandales, trafics divers, manipulations sont déballés au grand jour avec l’aide d’ennemis intimes ou d’amis inquiets de l’ampleur de la crise de légitimité de l’équipe politique en place. Tant pis pour ceux qui avaient cru à l’annonce par Sarkozy d’une «  République irréprochable  ». Le basculement du Sénat dans le giron de la gauche socialiste illustre cette crise qui se répand dans tous les rouages de l’appareil étatique.

Malgré ce discrédit profond, la bête continue de lancer des coups de griffes. C’est Fillon qui ose défendre la nécessité de repousser l’âge de la retraite à 67 ans après nous avoir affirmé que la dernière réforme réglait la question jusqu’en 2020. C’est Sarkozy qui pour toute réponse à la mobilisation des enseignants, ose affirmer que sa préoccupation principale va aux salariés du privé qui sont confrontés à la concurrence, aux licenciements et fermetures de sites. Pense-t-il que nous ignorons que les 80 000 postes supprimés dans l’Éducation nationale constituent le plus grand «  plan social  » de ces dernières années  ? Les salariés de Freescale, de Hayange, auxquels il avait déjà affirmé son soutien, apprécieront la valeur de cet engagement. Guéant, quant à lui, continue de déverser ses immondices sur les Roms, les Roumains et tous les immigrés.

Le tout sur fond de plan de rigueur qui prend surtout aux plus démunis pour tenter de renflouer les caisses de l’État vidées par les plus riches et les banques.

Certes, la perspective d’une alternance menée par le Parti socialiste n’a pas de quoi angoisser les possédants et leurs amis politiques. Même le nouveau président du Sénat a prévenu qu’il n’abuserait pas des pouvoirs de cette réactionnaire institution. Tout indique qu’un gouvernement de gauche «  à la française  » appliquerait la même politique que leurs amis grecs ou espagnols.

Le gouvernement Sarkozy-Fillon n’a que le culot que lui permettent nos faiblesses. Les patrons sont bien placés pour savoir que grande est la colère de ceux qui en séquestrent certains ici, font une grève de la faim là, sont en grève depuis plusieurs semaines pour défendre leurs emplois, pour préserver leur outil de travail, leurs salaires, c’est-à-dire leur seul moyen de vivre.

Dans de multiples entreprises, les travailleurs et travailleuses résistent souvent le dos au mur. Les Fralib occupent l’usine pour empêcher la fermeture, ceux de la Fonderie du Poitou refusent par la grève de voir leurs revenus baisser de 25 %. Ceux de Goodyear, de la raffinerie de Berre, du haut fourneau de Florange, de Stihl dans l’Oise, font grève, manifestent, séquestrent leurs employeurs. Mardi 27 septembre, des dizaines de milliers d’enseignants du public et du privé se sont mobilisés et ont manifesté dans toute la France contre la destruction planifiée de l’enseignement (lire page 4). Les retraitéEs auront défilé par milliers jeudi 6 octobre pour bien montrer que le dossier retraite n’est pas clos avec la dernière loi et que la mobilisation doit reprendre pour imposer les 60 ans pour toutes et tous.

Mais l’issue de ces luttes éclatées, parfois isolées, restera incertaine tant qu’un rapport de forces plus global ne sera pas construit par les luttes. Les peuples du Maghreb et du Machrek ont montré que nous pouvions bouleverser la scène politique par les mobilisations. En Grèce, en Espagne, les populations ne se résignent pas à l’austérité, à la misère.

Encore faut-il une volonté de construire ces mobilisations. Il ne suffit pas de proclamer que nous n’attendrons pas 2012 ou qu’après la conquête du Sénat, celles de l’Élysée et de l’Assemblée nationale vont nous apporter des réponses satisfaisantes. Seul le rapport de forces, construit dans les luttes et les manifestations, peut contraindre patrons et gouvernement à reculer. C’est la seule voie pour imposer une autre politique, aller vers une autre société. Et pour cela, la tactique syndicale des grèves sectorielles, des mobilisations saute-mouton a fait la preuve de son inconsistance. Sans oublier les risques d’un découragement avec le Front national en embuscade jusqu’à la porte des entreprises.

Cette journée de mobilisation du 11 octobre ne suffira évidemment pas. La mobilisation contre la loi Sarkozy-Fillon de l’an passé a montré que seul un mouvement gréviste prolongé, du public et du privé peut construire ce rapport de forces nécessaire, urgent. Nous devons faire connaître, coordonner les luttes existantes, se battre pour leur extension et leur généralisation.

Robert Pelletier

Faisons le procès du capitalisme !

samedi 10 septembre 2011


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Lors du meeting de l’Université d’été du NPA, le 29 août, notre candidat Philippe Poutou a exposé l’analyse du NPA de la crise du capitalisme ainsi que les grandes lignes de notre programme. Nous en publions quelques extraits.

On nous l’avait prédit, l’été devait être chaud. Et c’est effectivement ce qui s’est passé  : l’État grec est au bord du gouffre, la dette américaine s’envole, les spéculateurs paniquent, résultat l’économie s’enfonce toujours un peu plus dans la crise. Ces événements arrivent alors qu’en ce moment une famine frappe et tue des millions de gens en Afrique de l’Est et qu’il y a quatre mois à peine a eu lieu la catastrophe nucléaire au Japon. Cette crise économique, sociale, écologique est sans doute la plus grave depuis celle de 1929. Tout cela met donc encore plus en évidence l’aberration du système capitaliste, ingérable et incapable de répondre aux besoins de l’humanité, d’un système capable au contraire de détruire, de gaspiller, d’écraser, d’appauvrir…

La crise d’un système

Cette crise, c’est celle du système capitaliste. La société est riche de tout mais son organisation actuelle gaspille et empêche le progrès social. Si les besoins des populations ne sont pas satisfaits, s’il y a du chômage et de la pauvreté, c’est à cause du parasitisme des capitalistes. Les inégalités sociales augmentent. Il y a aujourd’hui plus de 3 millions de chômeurs, environ 7 millions de précaires, une baisse générale du niveau de vie. Les solutions existent mais elles doivent être radicales. Dans cette campagne, le NPA va défendre un programme d’urgence économique et sociale. Les plans d’austérité doivent être arrêtés. Pour cela, il faut annuler la dette publique, qui est illégitime. Il s’agit à l’opposé de mener une politique de solidarité, de progrès social en rupture avec toutes les politiques qui sont menées depuis des années. Pour combattre le chômage et la pauvreté, les licenciements doivent être interdits et les suppressions d’emplois stoppées dans les services publics. Les CDD, les statuts précaires doivent disparaître. Partout, des dizaines de milliers d’emplois doivent être créés. Une réduction du temps de travail s’impose avec maintien des salaires et avec les embauches correspondantes. Il faut revenir aux 37, 5 annuités de cotisation pour tous et à la retraite à 60 ans pleine et entière. La pénibilité du travail doit être prise en compte et permettre des départs en retraite avancés. Il faut immédiatement améliorer les conditions d’existence avec l’augmentation des salaires et de tous les revenus  : au moins 300 euros net de plus pour tous et pas de revenu en dessous de 1 600 euros net.

Violence du système

Ce n’est évidemment pas le type de réponse que prépare le gouvernement. Au contraire, les capitalistes mènent une véritable guerre de classe contre les opprimés, contre les pauvres. Ce qui s’est passé début août en Angleterre est peut-être une alerte. Une véritable explosion de colère a eu lieu dans les quartiers pauvres de Londres et dans des villes ouvrières comme Birmingham, Liverpool, Manchester. Le gouvernement anglais a réagi par le mépris et la répression. Mais la vraie violence est du côté des capitalistes et des dirigeants comme lorsqu’ils interviennent militairement en Irak, en Afghanistan, lorsqu’ils répriment les mouvements de grèves. La course aux profits est un véritable rouleau compresseur, source aussi d’une violence invisible mais bien réelle. Car elle ne crée pas que le chômage, elle détruit aussi la vie au travail donc la vie familiale et sociale. Ce qui se passe de manière cachée dans les entreprises, c’est le même processus que dans l’ensemble de la société. Partout, la crise provoque la destruction des liens sociaux et collectifs. De plus, les gouvernements mènent des politiques qui ont pour objectif d’empêcher la contestation, des politiques de division, de criminalisation du mouvement social et favorisent le retour à l’ordre moral. Le drame de la Norvège a montré les conséquences de la destruction des liens sociaux. Certes la tuerie relève de la folie d’un homme qui visiblement avait agi seul. Mais cela ne suffit pas à expliquer un tel acte. Ce qui l’a armé politiquement ce sont bien les idéologies d’extrême droite et d’intégrisme religieux. L’extrême droite profite de la crise pour propager ses idées réactionnaires. Pour le NPA, travailleurs français ou travailleurs immigrés, nous sommes du même camp, nous avons les mêmes intérêts, nous avons le même ennemi  : les exploiteurs. Le combat pour la défense du droit des femmes est loin d’être terminé. Par exemple, le droit à l’IVG est sans cesse remis en cause notamment par les attaques contre le service public de la santé avec les fermetures de centres IVG et des planning familiaux. Il est important de rappeler quelques chiffres  : en France une femme sur dix est battue ou violentée sexuellement. Il y a aussi une réelle injustice sociale avec la différence de salaire et la difficulté des femmes à obtenir des postes qualifiés. La précarité est aussi plus importante chez les femmes, aggravée par le fait que c’est souvent elles qui ont en charge la garde des enfants. D’où l’importance d’un véritable service public de la petite enfance. La défense de nos droits, de nos libertés, du respect mutuel passe forcément par la défense de l’égalité des droits pour toutes et tous. Dans cette campagne nous réaffirmerons l’égalité des droits pour les minorités sexuelles  ; l’égalité des droits et des salaires entre hommes et femmes  ; l’égalité des droits sociaux et politiques pour les immigrés  ; la régularisation de tous les sans-papiers. Enfin il doit y avoir une véritable liberté de circulation pour tous.

Nos solutions anticapitalistes

Pour nous, il n’y a pas d’ambiguïté, Sarkozy et sa bande doivent dégager. Mais cela ne signifie pas que la perspective du retour au pouvoir du PS nous enchante. Nous ne sommes pas du tout pour une nouvelle alternance, pour une nouvelle union de la gauche. Nous ne sommes pas candidats pour rentrer dans un tel gouvernement et je ne suis pas un camarade ministrable pour un futur gouvernement de la gauche plurielle. Mais nous sommes pour que nos idées gouvernent. Cela suppose un autre rapport de forces, un climat social différent avec d’énormes mobilisations qui exercent une pression d’en bas. L’aggravation de la crise est le résultat d’une politique délibérée depuis des années en faveur des plus riches, des cadeaux multiples faits aux banquiers comme au patronat et aux actionnaires. Il faut faire exactement l’inverse en reprenant pour commencer les 10 % des richesses produites volés par les capitalistes aux salariés ces 30 dernières années. L’argent existe, il suffit juste de le prendre où il est… cela s’appelle une autre répartition des richesses. Mais comme les capitalistes ne se laisseront pas faire, pour vraiment les taxer, il faudra les déposséder, les exproprier. Cela signifie qu’il faut socialiser les richesses et développer les services publics de manière à répondre aux besoins immédiats des populations. D’abord, et c’est fondamental, un service public bancaire doit être mis en place. Les banques doivent être mises sous contrôle des salariés et au service de l’ensemble de la population. La priorité doit être la satisfaction des besoins sociaux de base comme se loger, se soigner, se déplacer, s’éduquer, se cultiver… La santé, l’éducation, les transports publics doivent être gratuits pour tous. Dans le contexte de crise sociale et écologique profonde, il y a un autre service public fondamental à mettre en place  : celui de l’énergie. Il faut absolument une politique de l’énergie qui permette de se chauffer, de subvenir à nos besoins et en même temps de lutter contre la pollution et la destruction de la planète. Le drame de Fukushima rappelle l’urgence et la nécessité de sortir du nucléaire, c’est possible et il le faut dans les dix prochaines années. Il faut s’attaquer aussi au réchauffement climatique et donc arrêter les gaspillages d’énergie. Cela passera par le développement des énergies renouvelables. Seule une écologie radicalement opposée à la logique de profit permettra de stopper des choix dangereux comme l’exploitation du gaz de schiste ou l’enfouissement des carbones et d’imposer au contraire des choix allant dans le sens d’un respect de la planète et de l’humain. Tout est fait pour briser les résistances, empêcher les prises de conscience, isoler les salariés. Je le vis de près dans l’usine Ford où je travaille. Depuis 2007, nous sommes mobilisés contre les menaces de fermeture. Nous n’avons jamais rien lâché. Seules des mobilisations générales peuvent créer un rapport de forces suffisant pour empêcher les reculs sociaux.

Perspectives, lutte sociales et démocratie directe… maintenant  !

Le programme que nous défendons devra être appuyé par les luttes sociales, par la colère des salariés, des peuples. À l’image de ce qui se passe dans le monde arabe et dans les pays européens. Il faut que ça pète… partout, par-delà les frontières, il faut coordonner, unifier les batailles de tous les opprimés. C’est à l’échelle internationale qu’on pourra véritablement changer la donne. Je ne suis pas un candidat ouvrier mais un ouvrier candidat qui parlera de toutes les questions sociales, d’économie, de féminisme, d’écologie, d’internationalisme et d’antiracisme. Nous serons ensemble les porte-parole des sans-voix, de tous les opprimés qui souffrent au quotidien. Nous lançons un appel aux exploités, aux travailleurs, aux jeunes, aux immigrés… Nous allons faire entrer l’indignation sociale et politique dans cette campagne. Car nous sommes solidaires de tous les indignés du monde. Nous sommes frères de tous les peuples qui luttent pour la démocratie dans le monde arabe. Nous sommes frères avec les populations mobilisées partout en Europe et plus loin contre la crise et les plans d’austérité. La campagne débute. Elle doit être la plus collective possible et permettre de rassembler autour de notre programme l’ensemble des camarades et, au-delà, tous ceux qui veulent s’y associer.

Philippe Poutou, Port-Leucate, le 29 août

Samedi 26 mars à 15H entre République et Nation : MANIFESTATION UNITAIRE EN SOLIDARITE AVEC LA REVOLUTION LYBIENNE ( et aussi LES AUTRES DU MONDE ARABE). Contre la dictature et l’impérialisme à l’appel d’un collectif militant des pays arabes et d’organisations de gauche.

mardi 22 mars 2011


Déclaration du NPA : Contre Kadhafi Contre l’impérialisme Solidarité avec les révolutions arabes

Les révolutions Tunisiennes et Egyptienne ont soulevé un immense espoir. Dans lespays voisins et au-delà les peuples se sont reconnus dans les exigences pour « le travail, la liberté, la dignité ».

Dans la foulée, la population libyenne s’est soulevée contre Kadhafi. Elle fait face à un déchainement de violence meurtrière. Pris de peur le dictateur voudrait noyer la révolte dans un bain de sang. Notre solidarité pleine et entière va au peuple libyen auquel il faudrait donner les moyens de se défendre, les armes dont il a besoin pour chasser le dictateur, conquérir la liberté et la démocratie. Le soutien réel ce serait aussi, l’accueil de tous les réfugiés et la fin de l’Europe forteresse de Schengen, la saisie et la restitution au peuple libyen de tous les avoirs de Kadhafi à l’étranger…

Menteur et hypocrite !

Sarkozy prétend intervenir « pour permettre au peuple libyen de choisir lui-même son destin » Menteur et hypocrite ! Il n’a manifesté aucune solidarité avec les soulèvements populaires dans les pays du Maghreb et du Machrek. Et il recevait en grande pompe il y a peu son ami Kadhafi. La France a été pendant des années un des principaux vendeurs d’armes au dictateur.

La liste est longue des interventions de l’impérialisme qui sous des prétextes humanitaires n’ont fait qu’aggraver les situations locales. La coalition internationale invoque la démocratie et le droit des peuples comme elle l’a fait pour justifier la guerre contre l’Irak ou en Afghanistan.

C’est bien une guerre qui est engagée en Libye après le vote par le conseil de sécurité de l’ONU, le 17 mars, de la résolution 1973 qui autorise « une zone d’exclusion aérienne ». En clair, l’ONU a donné son feu vert à l’intervention militaire des grandes puissances qui ont toute latitude pour bombarder le pays.

Les USA, la France… ont saisi l’opportunité ouverte par la guerre civile déclenchée par Kadhafi pour tenter de reprendre la main sur la Libye comme sur l’ensemble de la région où sont concentrées les plus grandes réserves pétrolières du monde.

D’ailleurs, ni les grandes puissances ni l’ONU n’ont eu le moindre mot de protestation quand les troupes de la monarchie moyenâgeuse d’Arabie saoudite sont entrées au Bahreïn pour venir au secours du roi face à la contestation populaire. Il y a bien une offensive globale pour sauvegarder la stabilité de la région, canaliser, maîtriser le processus révolutionnaire, préserver les intérêts des trusts pétroliers et de ceux qui les servent, une offensive contre la révolte des travailleurs et des peuples.

Non, cette guerre n’est pas la nôtre, ni celle du peuple libyen, loin de défendre le droit des peuples, elle le brise. L’avenir, ce sont les révolutions en cours qui le porte, contre la domination impérialiste et contre les dictateurs.

Hommage à Daniel Bensaid : Dimanche 24 janvier

samedi 23 janvier 2010


Hommage à Daniel Bensaïd.

Le NPA A rendU hommage à Daniel Bensaid, à Paris, dimanche 24 janvier, de 14h à 18h, au Théâtre de la Mutualité (Métro Maubert-Mutualité).

Ont participé à cet hommage Alain Badiou, Olivier Besancenot, Carmen Castillo, Grégoire Chamayou, Charb, Annick Coupé, Flavia D’Angeli, Alain Krivine, Jeannette Habel, Samuel Johsua, Emily Loizeau, Francisco Louça, Mickaël Lowy, Daniel Mermet, Serge Pey, Edwy Plenel, Miguel Romero, François Sabado, Elias Sanbar.

Film Hommage à Daniel Bensaid

Daniel est parti ce mardi 12 Janvier. C’était un militant, un intellectuel , un camarade, un ami.

Né en 1946, il aura mis sa vie au service de la défense des idées marxistes révolutionnaires.

Il avait été un des fondateurs des JCR et de la Ligue communiste révolutionnaire.

Animateur du mouvement de Mai 68, il était de ceux qui avaient un sens très sûr de l’initiative politique. Il avait été un des animateurs du mouvement du 22 mars. Saisissant la dynamique des mouvements sociaux, en particulier le lien entre le mouvement étudiant et la grève générale ouvrière, il était aussi un de ceux qui avaient compris la nécessité de construire une organisation politique, d’accumuler des forces pour la construction d’un parti révolutionnaire.

L’intelligence de Daniel, c’était d’allier théorie et pratique, intuition et politique, idées et organisation. Il pouvait, dans le même temps, diriger un service d’ordre et écrire une œuvre théorique.

Ce fut un des inspirateurs d’un combat qui conjuguait principes, délimitations politiques et ouverture, rejet du sectarisme. Ses convictions politiques chevillées au corps, Daniel était toujours le premier à rechercher la discussion, à essayer de convaincre, à échanger les positions, et à renouveler sa propre pensée.

Participant de la fin des années 60 au début des années 90 à la direction quotidienne de la LCR, il avait joué un rôle décisif dans la construction d’un projet, d’une orientation qui lie activité quotidienne et tension révolutionnaire. Une bonne partie de son travail théorique et politique sera centrée sur les questions stratégiques, sur les leçons historiques des principales expériences révolutionnaires.

Daniel était profondément internationaliste. Il aura un rôle clé dans la construction de la LCR espagnole, à l’époque du franquisme. Lors de ces années, Daniel jouera un rôle majeur au sein de la IVe Internationale, suivant particulièrement la situation en Amérique latine et au Brésil. Il contribua beaucoup à actualiser notre vision du monde, à nous préparer aux bouleversements historiques de la fin des années 80.

Des années 90 à nos jours, tout en poursuivant son combat politique, il se concentra sur la réflexion et l’élaboration théorique : l’histoire des idées politiques ; « le capital » de Karl Marx ; le bilan du siècle et de ses révolutions, dont, en premier lieu , la révolution russe ; l’écologie ; le féminisme ;les identités et la question juive ; l’élaboration d’une nouvelle politique pour la gauche révolutionnaire face à la globalisation capitaliste. Il suivait, régulièrement, les forums sociaux mondiaux du mouvement altermondialiste.

Daniel aura assuré la continuité historique d’un marxisme révolutionnaire ouvert, non dogmatique et l’adaptation aux changements de la nouvelle époque, avec toujours pour horizon, la transformation révolutionnaire de la société.

Frappé par la maladie, il la surmontera durant des années, en pensant, en écrivant, en travaillant ses idées, sans refuser ni voyage, ni meeting, ni simple réunion. Daniel s’était donné comme tâche de vérifier la solidité de nos fondations et de les transmettre à la jeune génération. Il le fit de tout son cœur, de toutes ses forces. Ses interventions, à l’Institut international d’Amsterdam, dans les universités d’été de la LCR puis du NPA ont marqué des centaines de camarades. Passeur de l’expérience de la LCR pour le NPA, Daniel avait décidé d’accompagner le lancement de notre nouvelle organisation, en relançant la revue Contre temps et en constituant la société « Louise Michel », cadre de débat et de réflexion de la pensée radicale.

Daniel, c’est tout cela. Et, en plus, il était sympathique, chaleureux, convivial. Il aimait la vie.

Alors que nombre d’ex –de 68 ont tourné casaque, ont abandonné les idéaux de leur jeunesse, Daniel n’aura rien lâché, rien abandonné. Il est là, présent !

François Sabado

voir les textes de Daniel Bensaid disponibles sur le site de Contretemps

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